Prendre soin de nos reins (en lien avec la peur)

Nous vivons actuellement dans un contexte que nous n’avions encore jamais expérimenté, défini par un nouveau virus. Ce virus remet en question nos actions du quotidien les plus simples, comme sortir de chez soi pour prendre l’air, travailler ou faire une course. Les informations sur cette actualité sont nombreuses, omniprésentes et peuvent être perçues comme oppressantes. L’inconnu génère de l’inquiétude, du stress voire de la peur. Et c’est tout à fait normal.

Rappelez-vous, je vous parlais il y a quelques semaines de la colère (et nous l’avions abordée ensemble en atelier) vue comme une émotion négative, honteuse. Cela peut être également ressenti pour la peur, parce que nous sentons que nous n’avons pas le contrôle, que nous perdons pied et ce n’est pas acceptable. Du moins, c’est l’image que nous nous renvoyons. Parmi vous, certains vivent relativement bien ce contexte fait d’inconnu et d’attente, ils ne ressentent pas de peur ; pour d’autres, c’est une période plus difficile : sensibles à leur environnement, ils captent l’atmosphère ambiante, les énergies de leurs proches, ont peur pour les autres et pour eux-mêmes.

Comme pour la colère, il est important de ne pas chercher à la dissimuler, à l’enfouir, ou à la faire taire. Une émotion est porteuse d’un message, que nous nous devons d’écouter. Et pas seulement dans notre tête. Écoutons-la avec notre corps tout entier (douleurs, blocages, …).

Nous ne pouvons pas changer le contexte, nous n’avons pas de prise. Peut-être qu’il y en a parmi vous qui ont suivi ma méditation cette semaine sur le corps émotionnel. Je vous disais que se battre contre le cours de la vie, c’est comme vouloir stopper les aiguilles d’une horloge parce qu’on ne veut pas être dans l’instant d’après… A quoi bon, n’est-ce pas ? 🙂 C’est une lutte perdue d’avance, et une fuite d’énergie conséquente. C’est à Nous de modifier notre rapport à ce contexte. Nous pouvons le décider, maintenant, et choisir de le vivre différemment.

La Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC) établit des liens entre nos organes et nos émotions. L’émotion de la Peur est intimement liée à nos reins. La peur peut être ressentie à un instant T ou s’installer insidieusement, comme ce peut-être le cas dans cette période un peu spéciale. Cette peur – ce système d’auto-défense de notre corps – est aussi alimentée par le bruit, la pollution, le stress au travail… Sur le long terme, elle engendre une fatigue des reins et son lot de dérèglements : problèmes de sommeil, frilosité, fatigue, déprime… Cette peur nous dévitalise : elle nous fait perdre notre Qi, notre énergie vitale. La MTC qualifie les reins de « réservoirs de Qi ». Ils ont besoin d’énergie Yin, c’est-à-dire de calme, de lenteur, d’intériorisation… Il est donc nécessaire d’équilibrer nos énergies, en acceptant la situation, en prenant soin de nous, et en laissant de côté la lutte, la volonté et la dispersion.

Voici quelques pistes simples à glisser dans notre quotidien :

  • Un sommeil de qualité :
    • installer une atmosphère propice au sommeil dans la chambre ou la pièce dans laquelle on dort.
    • Aérer régulièrement cet espace, veiller à ce qu’il ne soit pas encombré.
    • Couper les écrans avant d’aller se coucher, créer un sas entre les activités du soir et le moment du coucher.
    • Vous pouvez mettre une goutte d’huile essentielle dont l’odeur vous apaise sur un mouchoir et le poser proche de votre lit.
    • Lire quelques pages d’un livre. En bref, préparez votre cerveau et votre corps à entrer dans sa phase de repos pour qu’il puisse se régénérer correctement. Ne vous couchez pas trop tard.
    • Complétez si nécessaire vos besoins en sommeil en vous aménageant une petite sieste dans la journée (peut-être plus accessible pour vous en ce moment avec le confinement).
    • Mangez léger : si vous savez que votre digestion entrave votre sommeil, alors essayez de repenser vos repas du soir (les aliments ont des temps de digestion plus ou moins longs. Par exemple, évitez les protéines animales le soir – 4H de digestion environ.)
  • De la chaleur : les reins ont besoin d’être soutenus, que ce soit en buvant une bonne tisane, en s’emmitouflant dans un gros pull, ou en déposant une bouillotte dans le bas du dos.
  • Du mouvement : des pratiques douces comme le Qi gong ou le yoga aident à maintenir le bon fonctionnement des reins, et du corps en général, parce qu’ils sont réalisés avec l’intelligence du corps, en pleine conscience et dans la bienveillance. Ils aident à faire circuler l’énergie dans l’ensemble des membres.
  • Des massages : commencez par tapoter doucement vos reins avec le plat de vos poings, puis massez la zone des reins, des lombes en réchauffant une huile de massage ou de la crème dans vos mains. Vous sentirez la chaleur monter progressivement.
  • Pratiquez la relaxation : en mettant une musique douce, un mantra, en écoutant une méditation guidée, ou un yoga nidra. Essayez de trouver une activité qui vous permet de relâcher l’agitation mentale et de retrouver la sérénité progressivement.

Même si le contexte n’est pas idéal, nous le savons bien, essayons de mettre à profit ce confinement pour RALENTIR, se tourner vers l’intérieur : dans notre espace de vie ET en nous. Accepter ce qui est. S’adapter en sondant nos besoins.

Namaste

Publié par Alexandra

Professeur de yoga intégral • Cours collectifs à Meudon, Clamart et Paris • Cours en entreprise (sur tapis ou sur chaise). 🦋

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :